GLOB BOOKS


En ce dimanche électoral caniculaire, je vous propose de partir en Orient et au Japon, sans bouger de votre chaise longue, grâce à ces livres lus… et élus !

japonais

Les jours de 14 juillet, je reste dans mon lit douillet, chantait Brassens (qui n’avait jamais voté, ni appelé à voter pour quiconque). Comme j’ai fait mienne depuis longtemps cette saine philosophie anarco-individualiste, je reste sur ma chaise longue, en ces jours de grand-messe électorale où nos compatriotes s’en vont communier autour des urnes dans la ferveur d’une illusion démocratique… Et si j’en crois les sondages, je ne serai pas la seule ce dimanche à préférer le grand soleil qui nous inonde à l’obscurité (obscurantiste ?) de l’isoloir… Le second tour devrait atteindre des records historiques d’abstention – ce qui n’empêchera pas le pouvoir d’en sortir renforcé et de s’enorgueillir d’une majorité absolue (absolutiste ?) au sein de l’Assemblée censée nous représenter !

Bref, préférant l’évasion à l’élection, je m’en vais vous parler de deux tout récents prix littéraires –  j’ai été conviée récemment à la remise des Prix, mais je vous l’avoue, je ne les ai pas encore lus. Je m’y mets, promis; c’est mon devoir (non civique) de lectrice… Une chose est sûre, ils ont tout pour plaire à qui aime voyager !

couvdeosrientale.jpgDésorientale (Liana Levi) a obtenu le 8 juin dernier le prix littéraire de la Porte Dorée 2017, qui récompense chaque année une oeuvre de fiction écrite en français ayant pour thème l’exil, l’immigration, les identités plurielles ou l’altérité liée aux réalités migratoires (vous le savez peut-être, ou peut-être pas, à la Porte Dorée se trouve un musée de l’Immigration – ex aquarium de Paris !)  Les lecteurs du comité de lecture et les membres du jury ont donc élu cette saga familiale signée par Négar Djavadi, née en Iran en 1969 dans une famille d’intellectuels, opposants aux régimes du Shah puis de Khomeiny, arrivée en France à l’âge de onze ans, après avoir traversé les montagnes du Kurdistan à cheval avec sa mère et sa soeur.
Aujourd’hui scénariste, elle signe avec Désorientale son premier roman et devient donc lauréate de cette huitième édition.

DJAVADIn_OPALE52311_03.jpg

« C’est quelque chose d’incroyable dans mon histoire personnelle, ça veut bien dire que cette histoire qui est la mienne, je suis de la première génération venue d’Iran…   Il y a une harmonie qui se crée entre l’immigré et l’histoire du pays d’accueil et qui passe par la littérature. Ça montre aussi qu’on vient enrichir un pays, à travers la langue, et ça fait plaisir. »

 

 

 

 

Le lendemain, 9 juin, autre remise de prix littéraire, d’un tout autre genre : celui des lecteurs seniors des résidences Domitys (qui compte une cinquantaine de clubs de lecture). Ils ont distingué le romancier japonais Durian Sukegawa, pour son roman « Les délices de Tokyo ». C’était la sixième édition de ce prix Domitys, qui prouve que la lecture reste à tout âge… un puissant stimulant neurologique et un vecteur de lien social, comme l’a souligné Marina Carrère d’Encausse, présidente du jury pour cette sixième édition.
En tout cas, ces seniors en résidence aiment s’en évader, en pensée… puisqu’ils ont élu à 46% ce roman japonais, déjà adapté à l’écran par la cinéaste Naomi Kawase. L’histoire se déroule autour d’une échoppe de dorayaki, ces pâtisseries japonaises fourrées d’une pâte de haricots rouges… Le jury n’a pas précisé s’il avait décompté les votes blancs !

 

J’ai reçu récemment trois livres de cuisine qui sont aussi de véritables carnets de voyage… un vrai bonheur, de feuilleter ces manuels illustrés de superbes photos : on se précipite sur les ingrédients, c’est moins cher qu’un billet d’avion, et en attendant d’y aller vraiment… on se régale déjà !

 Vous connaissez sans doute, si vous vous intéressez à la cuisine, le nom de Jamie Oliver : ce jeune chef britannique est un véritable petit prodige, puisqu’il a réussi à faire cuisiner les Anglais… presque aussi bien que des Italiens !
Car ses recettes sont toujours d’inspiration très méditerranéenne – ça tombe bien, c’est aussi ce que je préfère en matière culinaire… Simplicité et raffinement à la fois, inventivité sans cesse renouvelée  (la pasta et ses infinies déclinaisons, quelle merveille d’imagination au service de la cuisine ! ) utilisation maligne et savoureuse de tout ce que la terre peut faire pousser – des herbes aromatiques aux profusions de fruits et légumes gorgés de soleil, sans oublier bien sûr l’olive qui nous donne son huile merveilleusement parfumée…
Jamie Oliver a su interpréter tout cela à sa façon, proposer sur ces bases ancestrales des innovations audacieuses, et surtout, mettre à portée du grand public ses idées et ses tours de main, tant dans ses émissions (très populaires au Royaume Uni) que dans ses livres (traduits en plus de trente langues, ils sont tous à ce jour best-sellers dans le monde entier !)
Dans ce manuel, il va donc à la source de son inspiration – l’Italie est très présente, mais il voyage aussi en France, en Espagne, en Grèce, au Portugal, au Maroc, ou bien, délaissant les plats colorés du sud de l’Europe et du Maghreb pour les festins saumonés de la Baltique, en Suède…
Il ramène chaque fois des grands classiques nationaux, ou des recettes qu’il a particulièrement aimées et qu’il sait sans doute pouvoir adapter et rendre populaire partout… Beaucoup de ces belles recettes, il est vrai, vous seront déjà connues si vous aimez voyager dans les cuisines du monde entier, humer et goûter un pays autant que le parcourir… et au retour, vous inspirer de ce que vous avez goûté pour concocter votre propre cuisine !
Mais il est toujours intéressant de voir comment Jamie Oliver a su réinterpréter, simplifier, moderniser, les classiques gastronomiques des pays visités, et comment il vous propose de les mettre en oeuvre. Nec plus ultra, le livre est vraiment beau, un vrai livre de voyages, et j’adore le feuilleter, tant pour y chercher des idées que simplement… pour rêver un peu !
Et puis, il y a aussi ces deux jolis manuels, plus petits et plus modestes, mais vraiment très agréables également à parcourir, illustrés de très belles photos aussi, tant des recettes que des lieux.

La Cuisine du Maroc est mon favori pour l’instant, car j’adore les entrées de légumes proposées, façon « antipasti » maghrébins ! Cela fait plusieurs fois que je sers, avec grand succès auprès des convives, la toute simple, mais sublime salade de betteraves à la fleur d’oranger – et normalement, je n’aime pas les betteraves  !

D’ailleurs, qui en France peut les aimer, quand on nous les a servies pendant des années, dans les réfectoires et cantines, en peu ragoûtants petits dés violets, à l’odeur encore forte de terre moisie, baignant dans leur jus et dans la vinaigrette peu inspirée qui fait l’ordinaire de la cuisine traditionnelle bien de chez nous ?
Vous verrez dans ce livre qu’on peut les interpréter de toute autre façon, parfumée, colorée, appétissante !
Plus connues, les salades d’aubergines, de fèves, de pois chiches ou de poivrons ont le goût du soleil, et vous pourrez ainsi le retrouver chez vous… avant un bon tajine ou un couscous dans les règles de l’art !

Dans la même et très intéressante collection de cuisines du monde, la Cuisine d’Indochine (Vietnam-Laos-Cambodge) est également une merveille… sans doute plus instructif d’ailleurs, à nos yeux occidentaux, car les ingrédients nous semblent plus mystérieux et les recettes plus complexes que ceux de la simple cuisine méditerranéenne et maghrébine.
 Grâce à ce livre, là encore haut en couleurs, riche en photos, on apprend donc comment confectionner les nems, rouleaux de printemps et raviolis vapeur (plus simplement qu’il n’y paraît) mais aussi ces délicieuses soupes et salades parfumées qui enchantent en toute simplicité et délicatesse la cuisine orientale : soupe au boeuf et à la citronnelle, salade de papaye et crevettes, salade de mangue verte, soupe de tamarin aux crevettes… rien qu’à lire les recettes, les parfums vous montent aux narines, et les saveurs à la bouche… Courez chez l’épicier (ou plutôt chez Tang Frères) et bouclez vos valises !

Les trois livres sont parus chez Hachette Pratique.

« Carnet de Route », Jamie Oliver, 29,90€

« La Cuisine du Maroc », par Fatéma Hal, et « la Cuisine d’Indochine », par Virginie Ta, 14,90€.

Après les « Vacances à la mer » et « Vacances au château », l’intéressante collection Graines de Voyageurs, destinées aux baby globe-trotteurs, s’enrichit d’un nouveau guide thématique, consacré cette fois à la nature !

Une approche pratique et documentaire, des jeux, des propositions d’activités, enrichissent ce guide thématique de 112 pages intitulé « Vacances Nature », conçu pour profiter au maximum des voyages et séjours en plein air. Comme les autres ouvrages de la collection, il s’articule autour de trois grandes rubriques : la partie guide, le carnet de visites personnalisable et la carte détachable. Les pages documentaires proposent aux enfants de se mettre dans la peau d’un botaniste, d’un zoologiste, d’un paysagiste, d’un astrologue et même d’un druide de la période gauloise ! Il est également riche en conseils pratiques : apprendre à distinguer les champignons, reconnaître les traces d’animaux…  ou construire une cabane ! On y trouve même des recettes, telles que la salade de fruits à la rose ou la soupe aux orties !

En pratique…

Ce guide est en vente en librairies et sur www.grainesdevoyageurs.com au prix de 11,90€.

Jeudi dernier, le 18 mars, le restaurant Nomad’s, place du marché Saint-Honoré à Paris, était bondé à craquer pour la remise de son prix littéraire annuel : c’est Jean-Paul Kauffmann, publié chez Fayard, qui est sorti vainqueur du deuxième tour de scrutin, pour son roman « Courlande »

Disons-le d’emblée, je n’ai pas (encore) lu le roman, et je ne saurais donc avoir le moindre avis sur son intérêt ou sa valeur littéraire. Son auteur a récité un petit discours de remerciements un peu confus qui ne donnait guère idée du contenu de l’ouvrage. Tout ce que je sais, c’est que la Courlande est l’une des quatre provinces de Lettonie. Jean-Paul Kauffmann est apparemment fasciné par cette mystérieuse et nordique contrée depuis qu’il tomba amoureux, dans les temps lointains où il était coopérant au Québec, de la blonde Mara, dont les parents avaient fui la Lettonie à l’approche des Allemands. Il nous entraîne donc à la suite de son passé et sur les chemins de Courlande.
Il a obtenu 8 voix, contre 3 à Bakou, derniers jours, d’Olivier Rolin (Seuil). Le jury était composé de 11 journalistes de la presse nationale.
Rappelons que le prix Nomad’s couronne, depuis 2007, un récit, reportage, recueil de nouvelles, consacré au voyage. Il vaut à son lauréat une bourse de 4000 € et une plaque à son nom ainsi qu’un crédit de 1000€ dans ce restaurant très branché, à la déco ethnique et colorée… et aux bons petits plats, si on en juge par le cocktail qui était servi à l’issue de la remise des prix !