Dans la capitale russe, au mois de mai dernier, je n’aurais jamais cru rencontrer un soleil si brûlant, la dolce vita à la romaine, le gargouillis de fontaines et le parfum des lilas… Il semblait bien loin, alors, le temps des chars soviétiques. C’était il y a moins d’un an. Avant les bruits de bottes actuels… Vont-elles piétiner les lilas ?

Moscou, visité en mai dernier, a été un choc. L’un de ces chocs qui fait toute la magie des voyages, quand le réel vient mettre la pagaille dans toutes les images d’Epinal qui meublaient votre tête. Quand une porte s’ouvre sur un nouvel horizon, une vision inattendue.

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On colporte nos vieux clichés. On sait bien que Staline est une momie figée dans son tombeau, que la vie des Russes a bien changé depuis la guerre froide, que les magasins sont aussi débordants que les nôtres, que les goulags sibériens ne sont plus ceux décrits par Soljenitsyne, que les appartements communautaires appartiennent au passé… on ne peut s’empêcher d’imaginer une ville immobile et triste, figée et frigorifiée.

Descendus emmitouflés d’un ciel parisien frisquet et pluvieux, on atterrit sous un soleil narquois.

Le soir même, on prend l’air et un cocktail en terrasse. Elles sont nombreuses et les flâneurs s’y massent avec bonheur.

Terrasse moscovite

SONY DSCOn n’imaginait pas devoir chercher en toute hâte, dans les boutiques moscovites, une robe d’été et des sandales, vite, vite, pour se libérer de la pesanteur de ces vêtements trop chauds, pour sortir de ces chaussures fermées dans lesquelles les pieds, déjà malmenés par des heures de marche, semblent bouillir.

On n’imaginait pas non plus ce jaillissement de grues dans une ville en devenir, en changement permanent, évident; ce foisonnement d’enseignes modernes, occidentales, sous les bulbes dorés  des églises orthodoxes.

On n’imaginait pas tant de parcs, d’espaces verts plein de vie, de gaieté, de musiques, de terrasses, de promeneurs, de filles en maillot de bain.

Indiens de Moscou

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On n’aurait jamais cru voir des Indiens emplumés jouer de la flûte de paon dans un parc moscovite, ni les jeunes femmes russes lézarder ainsi au soleil…

les jeunes filles lézardent au parc Gorki

On n’imaginait pas à quel point  l’odeur des lilas nous accompagnerait partout, des jardins du Kremlin à ceux de l’université – superbe campus, noyé dans les arbres et la verdure, bâtiments immenses.

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Aujourd’hui que les chars, comme aux pires temps de la guerre froide, se massent aux frontières, inquiètent l’Europe, affolent les voisins les plus proches – si souvent envahis par l’hégémonique Russie… il faut juste espérer que Moscou reste aussi douce à vivre qu’une Rome assoupie dans la tiédeur d’été… et que l’odeur de la poudre ne chasse pas celle des lilas.

Dans les chambres d’hôtel moscovites, on a encore la surprise de trouver ceci… vestige historique qui prêtait à sourire, il y a encore quelques mois… plus aujourd’hui.

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