Qu’elle était blanche, la Côte du même nom, avant que le gris du béton ne la grignote… qu’elle soit Blanca ou Daurada, Del Sol ou Brava, c’est partout pareil; le littoral espagnol, du Nord au Sud, a été défiguré par les casernes à touristes, et bien peu de villes balnéaires ont échappé à cette urbanisation délirante ! Calp est (presque) de celles-là…

 Méfiez-vous, toutefois : lorsque les prospectus ou descriptifs vous parlent de « charmant village de pêcheurs ayant gardé son âme», n’allez pas imaginer un petit groupement de maisonnettes blanches, surplombant la mer dans un bel isolement.
Cela n’existe plus guère en Espagne, où je n’ai jamais vu la moindre localité de bord de mer qui n’en touche une autre, puis une autre encore, à l’infini… Mais lorsque vous trouvez, au détour d’un ensemble géant de constructions nauséeuses, une ruelle à l’ancienne, sinuant sur une colline dans le vert des pins, sans une tour qui s’inscrive à l’horizon… c’est déjà le bonheur !
Calp, c’est un peu ça : à quelques encablures de Benidorm ou de Benicassim, deux des plus parfaites représentantes du bétonnage architectural de la Méditerranée, elle apparaît au voyageur en mal de pittoresque comme une oasis immaculée, redonnant à la Costa un peu de cette blancheur dont elle n’a gardé (presque) que le nom.

Certes, tout au long de la vaste et belle plage, on trouvera les inévitables alignements d’immeubles, les terrasses de restaurants pas bons pas chers et les bruyants bars à tapas. Mais dans la mer, un immense pic rocheux érige son orgueilleuse solitude : même les constructeurs les plus audacieux n’ont rien pu y construire ! Aussi, quand vous vous baignez (un bonheur !) vous pouvez, en tournant votre regard vers ce promontoire aride et inhabité, vous croire en Croatie, dans une île grecque, ou au sud de l’Italie… bref, dans une Méditerranée mieux préservée qu’ici !

D’autant que la côte rocheuse, escarpée, donne à l’eau cette belle clarté qu’elle n’a pas sur les plages sablonneuses et plates (comme il en existe beaucoup juste un peu plus au nord, vers le delta de l’elbre).
Lorsqu’on descend, par une route tortueuse, vers la localité – le bleu de la mer et du ciel, la végétation superbe tout en palmes et piquants, vous offfrent des vues splendides… et de belles constructions traditionnelles, immaculées, s’étagent sur la colline sans rien gâcher du paysage ! Les vastes maisons toutes blanches, aux toits ocres, aux terrasses rondes, tournent leurs piscines face à la baie.

 C’est ici que nous avions loué la Villa Pilar. Ses deux immenses terrasses, dont l’une sur le toit, nous permettaient chaque soir de prendre l’apéritif face à la mer, au soleil couchant… et nous ont valu d’admirer en toute tranquillité le beau feu d’artifice qui s’est embrasé au-dessus de Calp fin juillet, pour les fêtes votives.

Avec ses 165m2, sa vue et sa belle piscine privative, cette maison était d’un excellent rapport qualité prix – la même villa dans une région côtière et ensoleillée de France coûterait au moins deux fois plus cher. Nous l’avions trouvée sur Interhome, mais j’en ai déniché plusieurs, assez semblables, sur le site Abritel de location entre particuliers, pour lequel je sélectionne des « propriétés de charme » : vous y trouverez mon article sur l’une d’elles, dans la rubrique correspondante !
Seul inconvénient, quand vous serez là-haut, sur la colline… vous aurez du mal à redescendre vers l’urbanité bruyante des bords de mer. La plage n’est pourtant qu’à 800 mètres. Le port aussi, mais on y cherche en vain le pêcheur vendant sur les quais des sardines, le petit commerce typique… Vous trouverez tout de même une vente à la criée, mais le comptoir de vente réservé aux particuliers n’offre qu’un maigre et pauvre échantillon de la pêche locale, à prix ajusté pour les touristes – nous y avons vu des gambas à 55 euros le kilo !
Qu’importe, face à la baie de Calpe,  vous oublierez ces inconvénients pour profiter d’une vue et d’un climat de rêve… loin de la foule !

 

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