A trois heures de route de Bogotà, cette petite ville coloniale, quasi- inconnue hors des frontières colombiennes, est célèbre en son pays pour son immense place centrale pavée de pierres, ses ruelles typiques, mais aussi les nombreux fossiles préhistoriques dénichés aux alentours. Pour y aller, depuis Bogotà, vous traverserez plusieurs sites et paysages intéressants.

 

Sa blancheur toute andalouse est à peine troublée par les vives couleurs des fleurs qui garnissent les beaux balcons de bois, soulignée par le vert sombre des montagnes qui l’encerclent et la dominent. Villa de Leyva, gros bourg de 6000 habitants environ, dans la province de Boyaca, est un exemple typique du style colonial espagnol.

Fondée en 1572 par Hernán Suárez de Villalobosil, la ville est bâtie autour d’une immense place pavée de pierres inégales (la plus grande en Colombie, selon certains guides). Les lourdes portes en bois massif de l’église du XVIIème siècle s’ouvrent sur cette vaste esplanade de 14 000 m2. Le soir, le clocher s’illumine, comme les terrasses sous les arcades, le cloître du couvent, les patios et les devantures.

Petit ilôt de lumière enserré par la masse obscure de la sierra, la ville s’imprègne alors d’une ambiance ensorcelante. Elle semble une oasis de bout du monde, un no man’s land aux accents de Far West égaré dans un autre siècle.

Les nombreux restaurants en terrasse, les posadas de charme aux patios fleuris,  les galeries d’art et boutiques d’artisanat local, disent assez combien le lieu est devenu touristique. Dans la bonne société de Bogota, nombreux sont ceux qui vont y passer fréquemment un week-end, voire y possèdent une résidence secondaire.

Autour du village, plusieurs sites d’intérêt historique et culturel permettent d’établir facilement un circuit touristique d’un ou deux jours.

En partant de Bogotà, vous passerez par le site historique de Puente de Boyaca où Simon Bolivar gagna le 7 août 1819 la bataille décisive pour l’indepéndance de son pays : mémorial, statues, drapeaux, ce lieu de fierté nationale est remarquablement entretenu.

Vous traversez les paysages caractéristiques de cette « sierra » touffue, aux camaïeus étonnants de vert, du plus acide au plus sombre.

Sur les routes passent des gros « trucks » à l’américaine, des vélomoteurs dont les conducteurs portent la « ruana » (poncho local, en laine) mais on ne voit plus beaucoup de « chivas« , ces autobus bringuebalants aux couleurs vives, surchargés de bagages et de passagers, qui font si bien partie du folklore local qu’ils ont donné naissance à tout un artisanat  : le terme de « chivas » désigne aussi, désormais ces  jolies petites poteries multicolores qui se vendent partout dans les boutiques pour touristes. Elles représentent le plus souvent des véhicules chamarrés, bourrés de bagages et de petits personnages qui sortent la tête des vitres ou les pieds du coffre, et barrés de slogans humoristiques du type : « casada o feliz ? » (marié ou heureux ?) Mais elles se déclinent aussi en version avion, 2 CV ou même… arènes de corridas. Un souvenir à ramener impérativement !

–    Tout au long de la route, vous verrez s’aligner des sortes de baraques à frites locales  : on y vend les « arepas », l’en-cas national !  Ces galettes de maïs, fourrées au fromage, peuvent s’accompagner de viandes grillées  : c’est le « fast food colombien » !  On peut aussi opter pour le poulet rôti… à manger avec les doigts revêtus de gants en plastique, qu’on vous propose à la place des couverts ! Les quartiers de poulet, bien dorés et enrobés d’épices, sont généralement accompagné des « papas » : la patate locale, coupée en grosses frites succulentes. Le tout pour quelques poignées de pesos !
Dans tous ces « fast-food » à la combienne, on peut généralement s’asseoir en terrasse, autour de tables en plastique, ou bien dans des salles qui évoquent les « cantines » américaines, banquettes, tables en formica et longs comptoirs. 

– Les villages traversés, comme Samaca,  témoignent d’un grand dénuement mais aussi d’une joie de vivre et d’un optimisme que ne semblent pas trop affecter la pauvreté  : maisons inachevées ou délabrées, décharges sauvages, mais couleurs vives sur beaucoup de façades ;  citernes d’eau qui recueillent la pluie sur les toits, linge multicolore qui sèche dans les arrière-cours, plantations de fleurs s’épanouissant dans les jardins potagers, ruelles poussiéreuses où passent des écolières en uniforme, socquettes bien tirées, rires et bavardages d’enfants .

– Tout près de Villa de Leyva, on pourra découvrir les  « picas piedras », de drôles de maisons faites de « barro », une terre rouge qu’on exploite beaucoup dans les environs .

– A  l’entrée de la ville, on peut bifurquer vers « le désert » : une vaste étendue de terres rouges  cerclées de montagnes boisées. 

Cette région était auparavant couverte par la mer : en s’asséchant, celle-ci a laissé sur les sols désertiques des milliers de fossiles mais a aussi creusé des sortes de puits, formant aujourd’hui cinq « pozos azules » (« puits bleus »: ces petits lacs ont accumulé les minéraux pendant des milliers d’années, ce qui leur donne des tonalités variées et superbes : émeraude, vert jade, azur ou gris bleuté, chacun déploie des reflets différents et chatoyants, dans lesquels les bosquets et roseaux se mirent.

Quant aux fossiles, on en trouve désormais moins facilement le long des chemins (pour cause de ramassages sauvages pendant des années !) mais on pourra aller admirer les magnifiques collections du Musée Paléontologique (en sortant de Villa de Leyva, sur la route d’Arcabuco, ce musée est installé dans le moulin à blé le plus ancien de Colombie.)  Mais surtout, il ne faut pas rater le musée El Fosil, à 5 km environ de la ville, sur la route de Santa Sofía. On y trouve le specimen le plus spectaculaire, classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco : un fossile de « kronosaurus quensladicus » (l’ancêtre du crocodile), de 20 mètres et 120 millions d’années !

C’est le plus grand fossile marin du monde !

Autre curiosité des alentours, le Parque Arqueologico qui abrite l’Infiernito, ancien centre astronomique des indiens Muiscas (à 9 km environ, sur la route de Santa Sofia). Vous pourrez y observer des fragments de l’ancien observatoire mais aussi d’étonnants phallus géants… symboles de fécondité pour les Indiens !

A voir aussi, le superbe couvent du Santo Ecce Homo, les chutes de la Periquera (la principale est haute de 15 m) et pour une excursion un peu plus lointaine, le lac d’Iguaque, à une demi-heure de Villa de Leyva et à 3 800m d’altitude. C’est là que serait née la civilisation Muisca.

En pratique :

Pour y aller : A/R Paris Bogota via Air France ou Air Ibéria; de là, prendre un taxi (très peu chers ici) ou louer une voiture.

 

Où dormir : les posadas et hôtels de charme abondent. A conseiller, la Posada de San Antonio, un lieu de charme avec son patio fleuri où vous pourrez dîner et prendre le petit déjeuner, ses chambres personnalisées avec vue sur les toits de la ville.

Plus d’infos sur le site de l’Office de Tourisme colombien et sur celui de la ville.

 

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