Classée par l’Unesco au patrimoine mondial de l’Humanité, célébrée par Garcia Marquez dans plusieurs de ses romans, elle vient de faire son entrée dans le fameux guide anglo-saxon « 1000 Lieux à voir avant de mourir. » De Carthagène, je vous ai ramené… dix bonnes raisons d’y aller, vous aussi !

1. S’éblouir de couleurs

Cartagena de Indias se partage en deux : la ville moderne, qu’on longe en venant de l’aéroport, et la ville antique, derrière ses murailles fortifiées. Les touristes évitent généralement la première, dont les gratte-ciels assez lugubres s’élancent le long de la mer Caraïbe. Elle offre pourtant des points d’intérêt : certains quartiers résidentiels, comme Bocagrande ou Castillogrande, d’anciens quartiers ouvriers réhabilités et devenus branchés, comme Getsemani ; ainsi que d’immenses centres commerciaux à l’américaine, pour qui aime faire du shopping intensif. Mais la ville ancienne, entourée de ses remparts, est évidemment au centre de toute visite.

C’est un Saint-Malo exotique et gai. Calèches rouge vif, chariots de fruits exotiques, robes ocre et safran des danseuses de rue qui tournoient sur un rythme latino… ici se mêlent, dans une débauche de couleurs et de musiques, les influences indienne, espagnole et africaine (car Carthagène fût une place tournante de l’esclavage.)

 Elle se visite à l’aube ou à la tombée du jour, tandis que les heures écrasantes de la pleine journée sont consacrées au farniente, à la baignade, à la pêche ou à la plongée. On pénètre dans des patios débordant de végétation exotique, des courettes colorées, d’anciens palais qui témoignent de la prospérité d’antan. On observe la vie des ruelles. On parcourt les chemins de ronde de la Forteresse San Felipe de Barajas, éditée par les Espagnols pour défendre la ville (qui fut néanmoins mise à sac par les Français !). On entre dans la majestueuse cathédrale (dont beaucoup des trésors partirent meubler… le château de Versailles !) et on visite l’ancien Palais de l’Inquisition, sur la place où trône la statue équestre du Libertador, Simon Bolivar.

2. Dormir dans des hôtels d’exception

Le Sofitel Santa Clara, dans un ancien monastère, est mon préféré. Il mêle le chic british à la touche hispanisante dans une ambiance néocoloniale réussie, la rigueur élégante des voûtes monastiques à l’exubérance exotique d’une végétation foisonnante, dans le vaste patio central.

La nuit venue, des centaines de petites bougies et flammèches s’y allument, créant une ambiance féérique et irréelle autour des tables de dîneurs, largement espacées.

Avant de s’y installer, on sirote une piña colada ou un Mojito au bar ou sous les colonnades – les cocktails sont parmi les meilleurs de la ville. Au petit déjeuner, un toucan multicolore vient se poser sur le dossier de votre fauteuil d’osier.

Dans l’immense piscine, vous tentez de vous défaire de l’imprégnante chaleur moite qui vous saisit dès le matin en cette ville tropicale. A l’arrière de l’hôtel, une vaste terrasse donne sur la mer des Caraïbes, mais vue d’ici, celle-ci n’est pas très belle : il faut prendre un bateau et aller vers les îles pour mieux la découvrir. L’une des plages les plus courues, la Playa Blanca, est à deux heures de bateau.

… A savoir : Carthagène compte aussi de très nombreux boutiques-hôtels, autrement dit de petits établissements de cachet, luxueux mais intimistes, où les chambres sont toutes différentes, avec chacune sa déco tendance, ses détails raffinés. Compter 200 à 300 $ la nuit en chambre double.

Je n’ai évidemment pas dormi partout, mais j’en ai visité plusieurs, et voici mes préférés :

 le Passion, une vraie petite merveille avec une piscine sur le toit et une déco très personnelle.

 Chaque chambre a son cachet, et j’adore en particulier celle avec la douche sur la terrasse !

La Casa Pestagua, hotel spa de onze chambres en plein centre de la vieille ville, avec sa piscine au centre d’un patio superbe et rafraîchissant, foisonnant de végétation exotique.

L’hôtel Agua enfin, somptueux.

3. Plonger autour des îles du Rosario et de l’île de Barù

L’archipel du Rosario compte une trentaine d’îles parsemées dans une eau d’émeraude et de cristal où vous pouvez observer, avec un simple masque et tuba, de multiples poissons et espèces marines, mais aussi des algues et coraux d’exception. Un parc maritime a d’ailleurs été créé, proposant des sports nautiques, plongées et spectacles avec dauphins et requins.  On y accède facilement en bateau depuis Carthagène. Moins courue et moins envahie, sans autres infrastructures touristiques qu’un club nautique privé, l’île de Barù est une merveille exotique que survolent les pélicans : silence, quiétude, baignades et plongée…presque seuls au monde.

4. Courir les Festivals…

Plus tendances et plus exotiques que  celui de Ramatuelle, ils sont nombreux et en plein essor dans cette ville en passe de devenir l’une des destinations touristiques les plus branchées de la planète.
En janvier, un festival de musique classique de grande ampleur. En février, le Hay festival Littérature, qui attire de nombreux romanciers du monde entier et a fêté cette année ses 50 ans. En mars, le Festival International de cinéma. Sans oublier, bien sûr, les fameuses Férias Taurines, pour les amateurs de corrida.

5. Savourer langoustes grillées et « ceviches » colombiens

Qu’on les déguste sur la plage ou à l’ombre d’une terrasse dans les ruelles colorées de la ville, les langoustes abondent et sont délicieuses, simplement grillées et nappées de beurre ; mais ici, on se régale aussi de poisson cru ou crevettes marinés dans du citron vert et parfois du lait de coco, avec de petits dés d’oignons, piments, poivrons, avocats ou tomates… ce sont les « céviches », plat d’origine péruvienne accommodé ici à la sauce colombienne, dont il existe mille variantes, toujours délicieuses !

Parmi les meilleurs restaurants de poisson de Carthagène : le Santa Clara, le Vitrolla, le Santissimo, le Club de la Pesca.

6. Se marier

Carthagène est, sur tout le continent américain, une destination très courue pour les voyages de noces. Les calèches rouges qui parcourent la ville, les hôtels à l’ambiance raffinée, les innombrables patios qui abritent des terrasses intimistes, la végétation luxuriante, la mer des Caraïbes… tout concourt à créer une atmosphère romantique.

 Du coup, l’infrastructure touristique s’est adaptée, et la plupart des grands hôtels, dont le Santa Clara et le Santa Teresa, proposent des formules clés en main originales et luxueuses – ainsi, au Santa Clara, qui célèbre 50 mariages par an, on se marie dans la chapelle de l’hôtel (ancien couvent), et une vingtaine de moines viennent bénir les mariés à la fin du banquet de noces…

Surtout, c’est le grand luxe à prix abordable, avec autant de serveurs que d’invités ! Ici, pour le prix d’une seule soirée de mariage en Europe, vous passez trois jours de rêve avec un service incomparable !

7. Partir sur les traces de Gabriel Garcià Marquez

Le célèbre auteur colombien a sa maison ici, on peut d’ailleurs en voir le jardin et la piscine depuis les étages du Sofitel Santa Clara. C’est aussi dans la chapelle du Santa Clara, ancien couvent, qu’on mis à jour il y a quelques années, à l’occasion de travaux, une crypte mystérieuse. Elle contenait un crâne encore nanti de très longs cheveux. On sut qu’il appartenait à une très jeune fille. On peut visiter aujourd’hui la crypte, mais elle ne contient plus le fameux crâne.
Le romancier s’est aussitôt emparé de cette anecdote, dont il a fait le point de départ d’une de ses nouvelles du recueil Amours et autres démons. Mais ce dernier n’est pas le seul dans lequel Carthagène est le cadre romantique et coloré de passions impossibles : le célèbre roman l’Amour au temps du Choléra se déroule aussi dans la ville de prédilection de Gabriel Garcià Marquez.
L’Office du Tourisme a d’ailleurs imaginé un itinéraire de deux heures sur les pas de l’écrivain, natif d’un village situé à l’est de Carthagène (la route touristique Garcià Marquez).

8. Fêter le Nouvel An ou la Semaine Sainte

Ce sont des fêtes célébrées ici avec faste, comme aussi le carnaval ou la procession traditionnelle de la Candeleria, en l’honneur du saint de la ville, début février. Des occasions spectaculaires et colorées, qui donnent à la ville une magie supplémentaire. Mais c’est toute l’année que la vie nocturne bat son plein ici (pour des raisons climatiques, éviter tout de même le mois d’octobre : la chaleur moite, déjà étouffante à longueur d’année, devient alors totalement écrasante !) Les Colombiens aiment danser, chanter et s’amuser. Les restaurants et terrasses sont animés en permanence, la ville retentit toujours de musiques latines, l’ambiance est bon enfant : ados et sexagénaires dansent ensemble dans les bars salsa et les clubs cubains.. L’un des « phares » de la vie nocturne : le Havana Club, dans la vieille ville, mais aussi le Quiebra Canto, ou le Bazurto Social Club, dans le nouveau quartier branché en dehors du centre historique, Reixmani.

A savoir, l’Alliance Française (à voir, avec sa façade bleue outremer et son beau patio) organise souvent des événements culturels gratuits en ville.

9.  Acheter des émeraudes

L’une des « spécialités » du pays, qui attirèrent tant d’aventuriers vers cet incertain Eldorado ! L’histoire , la localisation, les particularités des émeraudes sont expliquées et retracées à travers une petite exposition dans la Galeria Cano, qui est aussi la plus belle bijouterie de la ville, spécialisée dans les émeraudes mais aussi les bijoux pré-colombiens et les pierres semi-précieuses. On trouve d’autres boutiques Luis Alberto Cano à Bogotà ou Medellin.

10. En faire un point de départ

Parce que la Colombie est un beau pays, malgré sa réputation sulfureuse ; parce qu’il y a beaucoup à découvrir : de Carthagène, on pourra facilement organiser une expédition au Parc Tayrona, près de Santa Marta, à Ciudad Perdida (excursion de deux ou trois jours) ou encore à Monpox (5 à 6 heures de route). Cette dernière est une ville coloniale, qui ressemble beaucoup à Carthagène et s’allonge le long du fleuve Magdalena ; elle est le cadre du roman de Garcià Marquez, « Chronique d’une Mort Annoncée. » La célébration de la Semaine Sainte y est spectaculaire, tout le village y participe – c’est une des plus belles de Colombie.
Et si vous venez à Carthagène avec escale à Bogotà, ne négligez pas la capitale : elle offre plusieurs visites intéressantes, dont celle du Musée de l’Or et du centre historique… et vaut la peine d’y passer deux ou trois jours. Je vous en reparlerai !

 Pour aller à Carthagène : vols directs via Air France, ou depuis Bogotà, prendre un vol intérieur avec Aero Repùblica (3 vols directs par semaine, environ 200€ l’aller-retour, selon saison.)

 

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